Démocrate contre dictateur, principaux personnages
L'année 1973 marque la confrontation ultime entre deux personnages majeurs de la politique chilienne. Salvador Allende et Augusto Pinochet. La confrontation s'achève dans un bain de sang
Salvador Allende Gossens, né le 26 juin 1908 et mort le 11 septembre 1973, est un médecin et un homme d'État socialiste chilien, président de la République du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973.
Le 4 septembre 1970, à sa quatrième tentative, le candidat de l'Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l'élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri Rodríguez (35,3 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomic (28,1 %).
( Dès le lendemain du scrutin, l'ambassadeur des États-Unis au Chili, Edward Korry, avertit Washington : « mon pessimisme électoral de la nuit dernière s'est renforcé. Ni les politiques ni les forces armées ne se sont opposées à l’élection d'Allende ; nous n'avons plus la moindre parcelle d'espoir. Les États-Unis doivent commencer à prendre en compte la réalité d'un régime Allende. Nous ne pouvons compter pour l'instant sur les forces armées, chacun espérant qu'un autre prenne l'initiative et aucun n'étant prêt à assumer la responsabilité historique de faire couler le sang et de déclencher une guerre civile. » )
Le 11 septembre 1973, à 9 heures du matin, le palais présidentiel est assiégé par l'armée sous le commandement du général Augusto Pinochet, commandant en chef des forces armées. Allende n'a alors pas encore connaissance de la trahison de Pinochet et s’inquiète à son sujet. Le palais présidentiel est bombardé par l'aviation. Pendant le coup d'État, Allende s'adresse une dernière fois aux Chiliens à la radio où il remercie ses partisans et annonce son intention de se battre jusqu'à la mort.
Augusto Pinochet né le 25 novembre 1915 à Valparaíso (Chili) et mort le 10 décembre 2006 à Santiago (Chili), est un militaire et homme d'État chilien, président de la République du 17 décembre 1974 au 11 mars 1990.
Commandant en chef de l'armée chilienne, le général Pinochet prend la tête du coup d'État du 11 septembre 1973 contre le gouvernement du président socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement en 1970. À la suite de ce coup de force, le régime militaire d'Augusto Pinochet se met en place : Pinochet dirige le pays pendant 17 ans, d'abord comme président de la junte de gouvernement (1973-1974), ensuite comme président de la République désigné par la junte (1974-1981) puis comme président de la République dans le cadre d'un nouveau régime constitutionnel mis en place à partir du 11 mars 1981.
Son régime est marqué par de multiples violations des droits de l'homme (plus de 3 200 morts et disparus, plus de 38 000 torturés, des dizaines de milliers d'arrestations de dissidents), lesquelles ont fait l'objet de trois rapports et de quatre procédures judiciaires dans les années 1990 et 2000, et ont entraîné l'exil de plusieurs centaines de milliers de Chiliens. La présidence de Pinochet est dénoncée dans son ensemble comme une période de dictature militaire, par de nombreux médias et ONG ainsi que par ses opposants. Elle est décrite comme telle par les historiens ; la qualification de dictature est également reprise par le rapport Valech, publié au Chili en 2004. Ses partisans chiliens considèrent au contraire qu'il a sauvé le pays du communisme.
Sur le plan économique, son régime est marqué par la libéralisation de l'économie, la liberté des échanges et l'ouverture du pays à la concurrence internationale, réformes inspirées par les « Chicago boys », rompant avec les précédentes politiques économiques interventionnistes. La situation de « stabilité économique » qui aurait été atteinte par le Chili sous le régime de Pinochet est louée par les partisans de ses réformes ; Milton Friedman a lancé à ce sujet l'expression de « miracle chilien ». L'ampleur, voire la réalité, de cette réussite économique donne lieu à de nombreux débats.
Víctor Lidio Jara Martínez (né à San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932 et mort à Santiago, à la mi-septembre 1973) était un chanteur auteur-compositeur- interprète populaire chilien.
Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las casitas del barrio alto, Ni chicha ni Limoná), contestent la guerre du Viêt Nam(El derecho de vivir en paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido de Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).
Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio Víctor Jara) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio Chile (aussi connu comme la chanson-titre Canto qué mal me sabes) qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné entre le 14 et le 16 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache.
Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après 3 jours d'hommage populaire) dans le Cimetière Général de Santiago lors d'une cérémonie à laquelle assistèrent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, la présidente du Chili de l'époque Michelle Bachelet, et plus de 5000 personnes.

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